-
Sète et les environs
Lorsque l'on passe par Béziers ou par le Cap d'Agde, il est impossible de passer sans s'arrêter à côté de Sète, nom qui lui a été donné en 1928. Cette ville qui se situe également dans le département de l'Hérault et dans la région Languedoc-Roussillon tient son premier nom de la forme du Mont Saint-Clair qui ressemble étrangement à une baleine suplombant la mer. Lorsque je suis partie sur Sète, c'était vraiment pour passer des vacances "farniente". J'ai donc beaucoup profitée du calme de la ville en me baladant dans le centre; en regardant les joueurs de pétanque sur la place du Théâtre et avec quelques heures de plage. Mais j'ai tout de même pris ma voiture une journée pour visiter deux abbayes : celle de Valmagne à Villeveyrac, et celle de Saint Félix de Monceau dans la commune de Gigean.
Vue sur le Mont Saint-Clair
Pour avoir une vue d'ensemble de la ville de Sète, il est possible de gravir ce mont, ancien volcan stombolien culminant à 175 mètres. Pour cela deux alternatives s'offrent à vous. La première demande une petite condition physique, la marche, tandis que la seconde demande juste un peu de temps et d'envie, la voiture. Si mes souvenirs sont bons, il existe non loin du poste de police un petit chemin qui permet de se rendre au sommet. Il m'a fallu une petite heure pour gravir la "montagne" et trouver la croix Saint-Clair ainsi que la chapelle Notre-Dame-de-la-Salette. Celle-ci se situe sur l'ancien fortin Montmorencette bâti par Louis XIII, roi de France de 1610 à 1643. Inaugurée le 19 février 1983, la croix est visible sur la photo ci-contre en haut à gauche. Cela vous permet de prendre connaissance de la distance à parcourir pour arriver au sommet.
Se trouvant maintenant dans le bassin de Thau, les premières traces d'habitation remontent à l'age du bronze entre 110 et 800 avant notre ère. Pendant l'antiquité, la ville se trouvait déjà être un port commercial pour les Siciliens, les Italiens ou encore les Grecs qui avaient la montagne de Sète (le Mont-Saint-Clair) comme repère de navigation. Cette montagne auparavant déserte fut petit à petit couverte de maisons à partir du XVIIIe siècle.
La création de la ville de Sète, est due à trois hommes : Colbert - contrôleur général des finances de France de 1656 à 1683 et secrétaire d'Etat de 1669 à 1683 - se trouvant sous les ordres du roi de France Louis XIV (1643-1715) le chevalier de Clerville- ingénieur des fortifications - et Pierre-Paul Riquet - dont nous avons parlé dans l'article concernant la ville de Béziers.
Vue de Sète depuis le Mont-Saint-Clair
Vue sur le port
Ce dernier voulait faire de Sète le débouché méditerranéen du futur Canal du Midi; le roi quant-à-lui désirait créer un port d'exportation des produits du Languedoc pour ses navires. Le chevalier de Clerville eut donc pour lourde tâche de trouver un emplacement qui pouvait satisfaire les envies de chacun, et ce fut celui de Sète. La première édification fut celle du môle Saint Louis le 29 juillet 1666 et ce pour protéger les bateaux. C'est donc sous le siècle de Louis XIV, que Sète pu se développer. En la personne du roi, la ville eu la permission de construire; permission accordée pour toute personne désireuse d'avoir son propre commerce. A la fin du règne de Louis XIV, en juillet 1710, la ville fut prise par les anglais jusqu'à l'arrivée du Duc de Noailles qui engagea la bataille sur la plage et remporta la victoire.
La prise succinte de la ville démontra que le port détenait des points faibles qu'il fallait à tout prix consolider et notement l'armement du fort Saint-Louis qui fut doublé. Puis dans les années 1850, des pêcheurs du sud de l'Italie vinrent s'installer dans la ville de Sète pour une meilleure vie. Cela fait de Sète une ville culturellement franco-italienne. La ville a donc pu se développer grâce au commerce du vin, du bois, du soufre, des cérales et du fer. Aujourd'hui la ville est appelée "Venise du Languedoc" car cette ville ferme l'étang de Thau et borde la plage qui fait route jusqu'au Cap d'Agde.
Direction le Mont Saint-Clair
La plage
Le cimetière côté mer
………………………………………………………………
Comme je vous l'ai mentionné auparavant je me suis déplacée dans deux abbayes. Malheureusement pour moi, la première abbaye soit celle de Valmagne est assez chère d'entrée. Je n'ai donc pu profiter de ces merveilles. Mais j'ai tout de même pu voir que cette abbaye produisait elle-même son vin et qu'il était tout à fait possible d'en acheter. La production de vin à un appellation assez connue, celle de "Coteaux du Languedoc".
A environ 25 km au nord de Sète (ce qui représente grosso modo 30 minutes de voitures) se trouve l'abbaye cistercienne qui date du XIIe siècle. Pour se diriger vers cette abbaye depuis Sète, il suffit de prendre la direction de Montpellier puis de Gigean; ensuite dirigez-vous vers Villeveyrac.
Appartenant à l'ordre de Citeaux, l'abbaye a des proportions raisonnables avec une longueur de 83 mètres et une hauteur de 24 mètres. Elle fut fondée en 1138 par le vicomte de Béziers Raymond Trancavel et passa entre plusieurs mains au cours des siècles. Elle fut bien évidemmment saccagée (notemment pendant la guerre de Cent Ans au milieu du XIVe siècle) mais aucune trace ne marque cela. Le dernier détenteur de ce domaine fut le comte de Turenne en 1838.
Abbaye de Valmagne
Abbaye de Valmagne
Une abondance de richesse se trouve au sein de ces murs ce qui s'explique par le nombre de donations faites à une abbaye cistercienne. En plus de cela un vignoble d'environ 5 hectares est à disposition.
Valmagne était l'abbaye la plus riche du sud. Pour démontrer cela, un siècle après la fondation, les moines cisterciens décidèrent d'édifier une nouvelle église sur le plan gothique (avec 3 nefs et 7 travées) à partir de 1257. Elle mesure 83 mètres de long et 23 de haut. Le cloître, lui est constitué d'une grande cour avec un lavabo servant à se purifier les mains et une très belle fontaine entourée de colonnettes jumelées. Enfin nous trouvons la salle capitulaire, le lieu le plus important et le plus ancien de l'abbaye.
………………………………………………………………
Restée sur ma faim, j'ai fait demi-tour pour aller à la rencontre d'une seconde abbaye, celle de Saint-Félix-de- Monceau à Gigean qui se situe à une quinzaine de kilomètres de l'abbaye de Valmagne et de la ville de Sète. Si vous décidez en partance de Sète de débuter votre visite par cette abbaye plutôt que celle de Valmagne, la direction est la même que pour Villeveyrac. L'abbaye se trouve à 3 Km du village de Gigean.
Il s'agit d'une très vieille abbaye qui vaut vraiment le détour. Vous pouvez la voir quelques kilomètres avant d'arriver. Cela vous donne l'impression de ruines et vous aurez peut-être envie de faire demi-tour... mais parfois les impressions sont trompeuses alors poussez un peu jusqu'à elle! En effet, il ne reste plus que des murs étant dépourvue de son toit, mais elle contient un petit jardin monastique magnifique avec des senteurs qui vous font voyager... Et tout cela est gratuit et avec un parking!
Si cette abbaye est autant en ruine c'est qu'elle date d'au moins de la fin du XIe siècle (n'ayant aucune date exacte, mais une preuve de vente de vigne de l'abbaye faite en 1092).
Abbaye de Saint-Félix de Monceau
Abbaye de Saint-Félix de Monceau
De plus l'épisode des Routiers au XVIe siècle après la guerre de Cent Ans a maltraité ce domaine. Ces bandes de voyageurs pillaient tout sur leur passage, violaient, tuaient et kidnappaient en échange de rançons... Par la suite l'abbaye est tombée en désuétude et se trouve être rénovée depuis plusieurs années par une association de sauvegarde créée en 1970. Cette association a fait énormément de travail pour remettre au jour les ruines de l'abbaye. Enterrée sous 3 mètres de profondeur, il fallut tout d'abord la déterrer, puis la consolider et la rénover.
Elle était constituée comme de nombreuses abbayes par une église, un cloître, un réfectoire et une salle capitulaire. Les murs encore debout sont ceux de l'église et de la chapelle romane. A ces premières époques elle était constituée d'un plan roman pour voir apparaitre au XIVe siècle
une église de type gothique. Aujourd'hui vous pouvez entrer à l'intérieur et imaginer comment était l'abbaye qui était déjà constituée de son jardin.
Lorsque vous pénétrez dans celui-ci, des odeurs de pins, de romarins, de lavandes, viennent ennivrer votre odorat. Une pancarte vous donne également des indications sur la signification d'un bout de ce jardin qui était un lieu de recherche et de méditation, un lieu de dialogue entre Dieu et l'Homme. Il permettrait aussi le passage de la Terre au Ciel et une hypothèse est faite sur l'utiisation des plantes au niveai botanique, historique et métaphysique. Chaque figure géométrique à une explication : la configuration circulaire symbolise le Ciel, le carré évoque la Terre, la croix les 4 axes du monde ou les 4 fleuves de l'Eden, le centre est consacré à l'Arbre de Vie et les fleurs louent la bonté du Seigneur.
Abbaye de Saint-Félix de Monceau
Profitez de ces odeurs et du décor magnifique qui vous entoure. De là vous contemplez le bassin de Thau, le Cap d'Agde et donc la méditerranée. Vous êtes en hauteur avec une vue imprenable à 380°...
Le jardin botanique
Le jardin botanique
Tags : sète, mont saint clair, notre dame de la salette, bassin de thau, colbert, de riquet, gigean, saint félix de montceau, valmagne, villeveyrac
-
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment
Suivre le flux RSS des commentaires de cet article
Ajouter un commentaire
















